Parole d’évaluateur/trice – « Pourquoi l’accompagnement collectif ? »

La collectivisation des défis, des pratiques et des retombées

Le programme ÉvalPoP vise l’implantation d’une culture de l’évaluation participative des résultats au sein des organismes communautaires. Or, lorsqu’on parle de changer une culture, on s’attaque à un phénomène complexe qui doit dépasser le niveau individuel pour atteindre le collectif. On vise à la fois les valeurs, les attitudes, les structures et les façons de faire.

Pour répondre à ce défi, ÉvalPoP propose depuis deux ans une formule d’accompagnement collectif parallèlement aux démarches d’accompagnement individuel en évaluation. Ainsi, les personnes « porteuses du processus » dans chaque organisme participent, tout au long de la démarche, à cinq journées complètes de formation et d’échanges avec des collègues provenant de différents organismes communautaires. En moyenne, ce sont quatre à six organismes communautaires œuvrant dans divers secteurs, sur un même territoire ou sur des territoires différents, qui cheminent ensemble dans leur processus d’évaluation.

Ainsi, avec l’accompagnement collectif, nous opérons un changement d’échelle : nous atteignons plus d’une organisation en rejoignant tout un milieu d’actions collectives. L’aventure devient encore plus enrichissante lorsque l’on peut échanger avec d’autres personnes vivant les mêmes questionnements et découvertes.

Faire vivre une expérience d’évaluation dans un organisme communautaire, c’est bien… et faire vivre cette expérience aux différents organismes qui composent un milieu, c’est encore mieux !

Faire vivre une expérience d’évaluation dans un organisme communautaire, c’est bien… et faire vivre cette expérience aux différents organismes qui composent un milieu, c’est encore mieux !

 

Apprendre ensemble, innover collectivement et réseauter

Alors qu’il est souvent difficile de prendre du recul sur sa propre démarche, l’aspect pédagogique le plus fragrant du collectif est la distance que permet l’appréciation du travail des autres par rapport à sa propre démarche. En effet, nous voyons que lorsqu’il s’agit du travail de leurs collègues en formation, les personnes sont plus à même de détecter la cohérence d’un modèle logique en cours d’élaboration, la pertinence d’un plan d’évaluation ou l’efficacité d’un outil de collecte de données.

Le fait d’être partie prenante de plusieurs démarches est également un aspect important de l’accompagnement collectif. Les personnes participantes réalisent leur évaluation et assistent aussi à l’ensemble du processus avec les autres organismes. C’est donc quatre à cinq autres modèles logiques qu’elles vont voir naître, qu’elles vont commenter et enrichir, plusieurs plans d’évaluation qui vont être élaborés en parallèle et en inspiration réciproque, plusieurs collectes de données menant à des résultats diversifiés et toujours stimulants qui vont être mises en œuvre et, finalement, elles seront témoins de l’élaboration de multiples stratégies de diffusion des résultats adaptées aux différents contextes, enjeux internes et externes.

C’est donc quatre à cinq autres modèles logiques qu’elles vont voir naître, qu’elles vont commenter et enrichir, plusieurs plans d’évaluation qui vont être élaborés en parallèle et en inspiration réciproque, plusieurs collectes de données menant à des résultats diversifiés et toujours stimulants qui vont être mises en œuvre et, finalement, elles seront témoins de l’élaboration de multiples stratégies de diffusion des résultats adaptées aux différents contextes, enjeux internes et externes.

La diversité des activités évaluées permet également de mettre en lumière des problématiques différentes auxquelles seront confrontées les personnes dans leurs futures expériences d’évaluation. Certaines démarches rencontrent des défis particuliers dès l’élaboration du modèle logique. D’autres doivent innover au moment de l’élaboration des outils afin de rejoindre des populations particulièrement désaffiliées, etc. Quelles que soient les difficultés rencontrées, les stratégies qui seront utilisées pour les contourner, seront des sources d’inspiration pour les autres équipes, immédiatement ou dans le futur.

Enfin, une retombée évidente de l’accompagnement collectif est le réseautage que créent ces opportunités de rencontres. Les personnes en apprennent plus, et parfois même découvrent, les activités offertes par les autres organismes qui composent leur collectif. Les échanges concernent plus que l’objet d’évaluation, ils touchent aux approches et aux pratiques en termes d’intervention, de mobilisation ou de gouvernance.

Les échanges concernent plus que l’objet d’évaluation, ils touchent aux approches et aux pratiques en termes d’intervention, de mobilisation ou de gouvernance.

 

Le défi de l’échéancier

L’accompagnement collectif présente des défis moins positifs. Le maintien du rythme dans un accompagnement de plusieurs mois est déjà un enjeu de taille pour chacun des organismes. L’ajout du collectif, et donc de la mise en place d’un calendrier plus rigide qui convient à plusieurs groupes, est définitivement un challenge. Par contre, nous avons aussi observé l’effet d’entraînement que génère l’échéancier commun. Les personnes sont davantage poussées à respecter une échéance dont d’autres dépendent. Ainsi, la motivation peut aussi être nourrie par la démarche collective. Jusqu’à un certain point, car lorsqu’un organisme est confronté à un obstacle majeur, il arrive qu’il décroche tout simplement de son groupe pour terminer son processus en individuel ou pour se joindre à un autre collectif plus tard.

 

Du développement de l’approche territoriale à la naissance de communautés de pratiques en évaluation

Actuellement, l’approche territoriale est de plus en plus privilégiée dans la constitution des nouvelles cohortes d’organismes. En effet, le cheminement collectif d’organismes œuvrant dans un même quartier constitue un levier de réseautage important pour le territoire et peut apporter davantage de résultats complémentaires.

Les accompagnements collectifs permettent, à petite échelle, de faire naître des communautés de pratique en évaluation. A l’avenir, ce sont ces « mini-communautés de pratiques » que le Centre de formation populaire souhaite continuer à nourrir et à entretenir. C’est donc résolument dans cette direction que nous souhaitons avancer en offrant aux organismes des espaces d’apprentissages et d’échanges autour de l’évaluation participative, qu’ils soient physiques (notre prochain séminaire s’en vient en 2017 !) ou virtuels (avec ce blogue).

A l’avenir, ce sont ces « mini-communautés de pratiques » que le Centre de formation populaire souhaite continuer à nourrir et à entretenir.

Par Julie Nicolas, formatrice et conseillère en évaluation et participation

(c) Médias Libres

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s